Quelle est la langue la plus facile à apprendre pour un francophone ?
« Quelle langue est la plus facile à apprendre ? » C'est une excellente question, et la réponse dépend beaucoup de la langue que tu parles déjà. Pour un francophone, certaines langues partent avec une vraie longueur d'avance, d'autres demandent plus d'efforts au début mais réservent de bonnes surprises. Voici un tour d'horizon honnête de huit langues : espagnol, italien, portugais, catalan, anglais, néerlandais, suédois et allemand.
Ce qui rend une langue facile (ou pas)
Avant de comparer, trois critères :
- Le vocabulaire commun. Plus tu reconnais de mots, plus tu comprends vite.
- La grammaire. Le nombre de temps, de cas, de genres, et à quel point ils ressemblent aux nôtres.
- La prononciation et l'orthographe. Une langue qui s'écrit comme elle se prononce est plus simple à lire et à mémoriser.
Et un quatrième, souvent oublié : l'exposition. Une langue que tu entends partout s'apprend plus facilement qu'une langue que tu ne croises jamais.
Les langues romanes, les plus proches
Le français, l'espagnol, l'italien, le portugais et le catalan viennent tous du latin. Pour un francophone, ce sont presque toujours les plus rapides à démarrer.
L'espagnol
Points forts : énormément de vocabulaire commun, une prononciation très régulière (on lit presque tout comme ça s'écrit), une grammaire dont la logique ressemble à la nôtre, y compris le subjonctif. Beaucoup de francophones lisent un texte simple au bout de quelques semaines.
Difficultés : ser et estar, la jota et le r roulé, le rythme rapide à l'oral, et les nombreux faux amis (embarazada ne veut pas dire « embarrassée »).
L'italien
Points forts : un vocabulaire très proche, une prononciation régulière et chantante, une grammaire familière.
Difficultés : les consonnes doubles qui changent le sens (pala et palla), les articles (il, lo, l', i, gli, la, le), et le choix de l'auxiliaire, qui suit à peu près la même logique qu'en français mais avec quelques différences.
Le portugais (du Brésil)
Points forts : à l'écrit, il se comprend très bien. Et un avantage précieux : les voyelles nasales (pão, bom), qui posent problème à beaucoup d'apprenants, sont familières pour un francophone.
Difficultés : la compréhension orale, plus difficile que l'écrit au début, et certaines conjugaisons.
Le catalan
Points forts : souvent sous-estimé, le catalan est très proche du français par certains côtés. Si us plau rappelle « s'il vous plaît », mercès rappelle « merci », menjar « manger », trobar « trouver », formatge « fromage ». Sa grammaire est très accessible pour un francophone.
Difficultés : moins de contenus disponibles que pour l'espagnol, et les voyelles neutres à l'oral.
L'anglais, facile au début, exigeant ensuite
L'anglais est une langue germanique, mais il a emprunté une quantité énorme de vocabulaire au français et au latin. Ajoute à cela l'exposition permanente (musique, séries, internet) et une conjugaison très simple (I work, you work, he works), et tu comprends pourquoi on progresse vite au début.
Difficultés : l'orthographe imprévisible (though, through, tough), la prononciation (le th, les voyelles longues et courtes, l'accent tonique), les verbes à particule (give up, give in, give away) et le present perfect. L'anglais est facile à baragouiner, mais il demande beaucoup de travail pour être vraiment précis.
Les langues germaniques, plus de patience
Le néerlandais
Points forts : si tu connais l'anglais, tu reconnais beaucoup de mots (water, boek, huis). La conjugaison est simple, il n'y a pas de déclinaisons, et le néerlandais contient de nombreux mots d'origine française (trottoir, cadeau, paraplu). Le son uu correspond au « u » français, ce qui est un atout.
Difficultés : l'ordre des mots (le verbe à la fin des subordonnées), le g guttural et les deux genres, de et het.
Le suédois
Points forts : les verbes ne changent pas selon la personne (jag är, du är, vi är), la grammaire est assez simple et il y a beaucoup de mots proches de l'anglais.
Difficultés : la prononciation, avec un accent mélodique, des voyelles nouvelles et des sons propres au suédois, et moins d'occasions d'entendre la langue en France.
L'allemand
Points forts : une prononciation assez régulière, une logique rigoureuse et pas mal de vocabulaire commun avec l'anglais.
Difficultés : les quatre cas, les trois genres, l'ordre des mots et les mots composés. C'est la langue de cette liste qui demande généralement le plus d'efforts à un francophone, même si elle devient très logique une fois les bases posées.
Alors, laquelle choisir ?
Si on parle uniquement de vitesse de progression au début, l'espagnol et l'italien arrivent généralement en tête pour un francophone, suivis de près par le catalan et le portugais. L'anglais est un cas à part : facile à démarrer grâce à l'exposition, plus long à maîtriser. Le néerlandais et le suédois sont plus accessibles qu'on ne le croit, surtout avec une base d'anglais. L'allemand demande le plus de patience.
Mais la vraie réponse est ailleurs : la langue la plus facile, c'est celle que tu as envie d'apprendre. La motivation pèse plus lourd que la proximité linguistique. Un projet de voyage, un ou une partenaire, un travail, une série que tu adores : voilà ce qui te fera revenir chaque jour.
Parlumi propose ces huit langues (et le français) du A1 au C2, avec des explications écrites pour les francophones. Tu peux en essayer plusieurs pour voir laquelle t'accroche, puis te concentrer sur celle qui te donne envie de continuer.